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Haïti Priorise: R&D agricole, Bairagi

Présentation du problème

Les principales céréales qui sont cultivées en Haïti sont le maïs, le riz et le sorgho et constituent les denrées de base. Actuellement, ces cultures de faible valeur sont produites sur environ un tiers de l’ensemble des terres agricoles ou encore sur un peu plus de la moitié de la surface arable du pays. À l’heure actuelle, la productivité du riz haïtien est une des plus faibles d’Amérique latine. Les rendements de maïs,  de riz et de sorgho ont décliné depuis les années 90.

Il manque des graines de qualité, une infrastructure d’irrigation et un accès au crédit; les services d’appui technique de l’État sont inefficaces, la qualité des sols et de l’eau est mauvaise et l’île est régulièrement frappée par des cyclones. De plus, il n’y a pas eu d’investissements officiels dans la recherche-développement agricole qui aient été continus en Haïti. L’État a mis en place des instituts de recherche à différentes reprises, mais la plupart ont échoué et cessé leurs activités.

D’un point de vue nutritionnel, les cultures de céréales sont très importantes car elles fournissent 37,5% des besoins caloriques de la population. Le riz seul fournit un cinquième de l’énergie calorique totale ou de la consommation de protéines. Les ruptures d’approvisionnement alimentaire sont courantes. L’apport énergétique journalier est de 511 kilocalories, soit nettement inférieur au seuil minimum de 2500 kilocalories admis par les Nations Unies ; l’apport protéique est inférieur de près de 7,3 grammes au niveau vital de 56 grammes par jour.

Solution

  • La recherche-développement agricole

Un investissement annuel de 25 millions de dollars pour appuyer la mise en place d’un institut de recherche qui favorisera le transfert de technologies agricoles de pointe en faveur des fermiers. Cette aide est prévue en 2020 et atteindra son apogée en 2040.

Tableau récapitulatif du RAC

Intervention Avantages Coûts Avantage pour chaque gourde dépensée
Investissement en R&D agricole avec 50% d’adoption 33 milliards de gourdes (487 millions de dollars) 29 milliards de gourdes (418 millions de dollars) 1.1
Investissement en R&D agricole avec 60% d’adoption 41 milliards de gourdes (589 millions de dollars) 29 milliards de gourdes (418 millions de dollars) 1.4

Les avantages varient selon le taux d’adoption des nouvelles technologies par les fermiers. L’expérience a montré que l’adoption de n’importe quelle technologie agricole prend environ 15-20 ans pour atteindre son apogée et que le taux d’adoption se situe entre 50 et 70%.

Avantages, coûts et BCR

Coûts

Le montant des dépenses proposées s’élève à 25,5 millions de dollars par an. Il couvrirait les salaires, les frais de fonctionnement du programme et les investissements en capitaux. De plus, un investissement de départ d’environ 5 millions de dollars est prévu pour la construction de bâtiments et l’achat de matériel.

Avantages

Cet institut de recherche favoriserait l’introduction de technologies agricoles de pointe en Haïti et sa diffusion auprès des agriculteurs. Cet investissement se traduirait par des augmentations de rendement des cultures de 210%, 109%  et 104% pour le maïs, le riz et le sorgho respectivement.

Sachant que le délai entre les travaux de recherche et leurs résultats est estimé à quatre ans, on considère que la production de riz en Haïti pourrait croître d’environ 55 à 66% par rapport aux prévisions de base en 2040. La production de maïs pourrait augmenter d’environ 10% à 12%, celle du sorgho de 6 à 7%.

L’augmentation de la production ferait baisser les prix, bien que cette baisse ne serait pas significative, ceux-là diminueraient de moins de 0,5%. Néanmoins, cette faible chute des prix entraînerait une augmentation de la consommation des denrées de base. Cela signifierait que, globalement, la sécurité alimentaire des Haïtiens serait meilleure.

Les avantages de productivité cumulée tirés des investissements dans la recherche-développement agricole en Haïti pourraient se situer entre 66 et 80 millions de dollars en 2040 et entre 81 et 98 millions de dollars en 2050, selon le niveau d’adoption de ces nouvelles technologies.