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Haïti Priorise: Violence conjugale, Hoeffler

Le problème

En Haïti, des résultats d’enquêtes confidentielles suggèrent que la violence conjugale est un problème grave : environ 273 200 femmes souffrent de violences physiques et/ou sexuelles graves chaque année. Cela correspond à 9,4% de la population âgée de 14 à 49 ans.

La violence conjugale a des conséquences considérables. Cela ne cause pas seulement des douleurs et des souffrances aux victimes, mais cela engendre également des coûts pour la société. Les victimes sont plus susceptibles de se suicider, moins susceptibles de terminer leur scolarité ou de trouver un emploi, ont plus de grossesses non désirées, sont plus susceptibles de donner naissance à des bébés ayant un poids insuffisant et sont plus susceptibles de contracter des maladies sexuellement transmissibles dont le VIH.

Les enfants élevés dans des ménages violents sont également plus susceptibles de devenir des victimes ou des auteurs de violences conjugales à leur tour.

La violence conjugale empêche les victimes de réaliser pleinement leur potentiel et les rend moins susceptibles d'être employées. Cela a donc des conséquences importantes pour le développement de la société.

C'est un problème de droits de l'homme, de santé publique et de développement.

Solutions

  • Refuges pour femmes et enfants
  • Assistance téléphonique pour les victimes de violence familiale
  • Prévention des violences dans les relations entre adolescents

Tableau récapitulatif du RAC

Interventions Avantage (Gourdes) Coût (Gourdes) Avantage pour chaque gourde dépensée
Refuges 143,48 millions 10,22 millions 14
Assistance téléphonique 175,89 millions 14,64 millions 12
Prévention de la Violence chez les adolescents 35,53 millions 34,8 millions 1

Avantages, coûts et RAC

Refuges pour les femmes et les enfants

Haïti a déjà eu des refuges dans quatre départements du pays (Nord, Nord-Est, Sud-Est et Ouest) pour accueillir les femmes victimes de violence.

Le refuge de l'Ouest a été détruit lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) essaie actuellement de recueillir des fonds pour la construction d'un nouveau refuge. Cette intervention consiste à reconstruire ce refuge.

Des services médico-légaux, psychosociaux, juridiques et sociaux sont fournis dans ces refuges, qui sont tous gérés par des organisations de femmes, le MCFDF jouant un rôle de coordination.

Coûts

Les coûts de construction sont semblables à ceux d’un établissement de santé, mais le refuge est deux fois plus petit en superficie (équivalent à environ 10 millions de gourdes). Quatre employés à temps plein travailleront dans le refuge. Leur salaire devrait être la moitié du salaire annuel moyen (environ 29 000 gourdes par an). Les coûts supplémentaires sont dus aux factures d'électricité et à la maintenance des locaux.

Les coûts devraient augmenter annuellement au taux d'inflation actuel de 2,7% par an.

Avantages

Les données suggèrent que, chaque année, le refuge sauvera une vie et l'équivalent de 12 ans perdus à cause de blessures et de maladies causées par les violences conjugales.

Assistance téléphonique

Haïti ne dispose actuellement pas de ligne d'assistance nationale pour les victimes de violence conjugale. Il existe très peu de preuves de l'efficacité des lignes d'assistance pour empêcher et traiter les victimes de violence conjugale. Elles sont populaires dans certains pays et, dans certains cas, les appels téléphoniques augmentent considérablement suite à des campagnes publiques.

Coûts

Les coûts d'une ligne d'assistance téléphonique seraient dus à la location d'un bureau (équivalent à USD 200 USD par personne et par mois) plus les coûts d'exploitation équivalents à 10% du loyer du bureau.

Quatre employés à temps plein seraient rémunérés à hauteur de la moitié du salaire moyen (environ 29 000 HTG par mois).

Les coûts de formation sont censés représenter 10% du coût du personnel.

En outre, une campagne d'information à 0,0425 USD par personne pour toucher toutes les femmes de 15 à 49 ans serait lancée lors de l'inauguration de la ligne d'assistance.

Avantages

Bien que peu de données soient disponibles à ce sujet, on suppose qu'une ligne d'assistance éviterait 1% des décès, ainsi que du temps perdu à cause des maladies et des blessures causées par les violences conjugales.

Prévention de la violence conjugale

Il a été prouvé que l'enseignement de relations sûres et saines diminue l'incidence des agressions sexuelles, augmente la connaissance de la violence domestique et réduit la violence physique et sexuelle chez les adolescents. En supposant qu'un enseignant puisse enseigner le programme à quatre groupes différents, 157 enseignants devraient être formés pour atteindre 627 groupes de 30 élèves de 14 ans.

Coûts

D’après un programme pilote, on estime que les coûts impliqueraient trois jours de formation par enseignant et assistant pédagogique et cinq jours de mise en œuvre. Le coût est évalué à 80 USD par jour pour les enseignants et 10 USD pour les assistants. Les étudiants ne reçoivent pas de rémunération mais bénéficient d'une collation (1,5 USD par jour).

Dans le projet pilote, seulement 31% des parents ont donné leur consentement et, actuellement, seulement 25% des enfants âgés de 14 ans sont scolarisés. Cela se traduit par un traitement de 8% de tous les adolescents de 14 ans. Cela signifie que 627 groupes de 30 élèves bénéficieraient de cet enseignement.

Aux coûts de prestation viennent s’ajouter les coûts pour faire venir des experts extérieurs et la production du matériel pédagogique.

La rémunération des enseignants pour enseigner ce programme en dehors des heures scolaires en Haïti rend cette intervention très coûteuse.

Avantages

On s'attend à ce qu'il y ait un impact sur la violence conjugale chez les adolescents pendant quatre ans, après quoi l'effet déclinera. On suppose que la même réduction s’applique pour les décès. On suppose également qu'après quatre ans, il y aura des effets positifs, comme la réduction de la consommation de substances, de la dépression, de l'automutilation, etc., qui ont été associés aux programmes de prévention de la violence dans les relations entre adolescentes.

Des résultats d'essais indiquent que cette intervention pourrait considérablement diminuer la prévalence de la violence conjugale chez les adolescents.